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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 11:45
Tyrannie des experts ou connerie des technocrates ?

J'ai commencé mes études musicales, en 1970, dans un conservatoire où il n'y avait pas de classe d'orchestre, pas de classe de chant et pas même de chorale. L'objectif était de former des individualités, et le rêve ultime, bien illusoire, d'en faire de futurs solistes. Quelques années plus tard, l'idée d'une classe de Musique de Chambre fut lancée, ouverte à tous les élèves ayant atteint le niveau "moyen". Enfin une belle initiative, allez-vous penser. Sauf que la classe en question se tenait dans une seule grande salle le samedi après-midi, et que nous nous retrouvâmes le premier jour dans l'effectif suivant, de mémoire : un flûtiste (moi...), un clarinettiste, un trompettiste, une violoncelliste, un guitariste, deux violonistes et quatorze pianistes. L'expérience dura deux mois...

Fort heureusement, les choses ont bien changé et aujourd'hui, tout conservatoire ou école de musique dignes de ce nom proposent des "classes d'ensemble". Qui viennent en complément des indispensables cours individuels, seul et unique moyen pour un professeur d'évaluer les capacités d'un élève et de le faire progresser à son rythme en tenant compte de ses qualités, de ses handicaps, de sa sensibilité, de sa personnalité.

Mais voilà, dans la France de 2016, il se trouve des "experts-technocrates" probablement sur-diplômés pour qui le Canon de Pachelbel doit être une pièce d'artillerie et Aranjuez un compositeur qui, investis de leur petit pouvoir, et probablement grassement payés pour cela, pondent des rapports que les pires cellules de "pensée" stalinienne n'auraient pas osé imaginer. Même le brave Père Ubu n'y aurait pas pensé.

Mais pour détailler, et commenter, ce monument de stupidité apparente (apparente car en fait très "raisonné", le principe de précaution poussé à l'extrême masquant une volonté de nivellement par le bas), jamais je ne pourrai proposer un texte aussi puissant que celui rédigé par Sylvain Fort, écrivain, journaliste, enseignant et Rédacteur en Chef du site Forum Opéra. Texte fulgurant, que je vous reproduis ici dans son intégralité. Régalez-vous, et n'hésitez pas à le diffuser largement.

 

 

Il y a un an était publié un rapport de l’Inspection Générale de la Ville de Paris pour la prévention du risque d’abus pédophiles. Ce rapport consacre une partie de son propos aux cours individuels de musique. On y lit que les cours individuels sont un terreau propice à l’expression des plus bas instincts, puisqu’ils sont « porteurs de risque de dérapages importants qui s'inscrivent dans la durée, de rapports de proximité et de séduction et d'un contexte musical marqué par une banalisation des relations sexuelles et amoureuses entre maître et élève". Un exemple est cité à l’appui : la relation qui se créa jadis entre Hélène Grimaud et son professeur (cette mention explicite fut ensuite retirée). Encore pire que les cours individuels sont les séminaires musicaux, "temps propices aux rapports de séduction entre maître et élève, à la promiscuité et aux soirées en présence de drogues et d'alcool ; les élèves mineurs étant accueillis avec des élèves majeurs".

Les professeurs de musique ont découvert récemment ledit rapport et s’en sont – on l’imagine bien – indignés. François Fremeau, président de l’ANEDA (Association nationale des enseignants de disciplines artistiques) : « Qu'est-ce que cela veut dire ? Que nous, enseignants, nous nous rendons en classe non pas pour enseigner la musique mais pour séduire nos élèves ? » Il serait souhaitable que la mairie de Paris leur rende raison de ces soupçons indignes, derrière lesquels beaucoup soupçonnent la simple volonté de supprimer les cours individuels de musique (cette abomination élitiste), comme cela fut récemment fait dans les centres d’animation de la ville. La Ville de Paris assure qu’il n’en sera rien et a intimé l’ordre aux directeurs de conservatoire de ne pas s’exprimer dans la presse sans son autorisation.

Il faut cependant revenir sur cette notion de « séduction » qui serait propre à la relation entre le maître de musique et son élève. On doit certes la rejeter dès lors qu’elle se teinte des couleurs blafardes de la convoitise sexuelle. Mais faut-il pour autant réduire cette relation à une simple transmission de savoir ? Je ne le crois pas. Ce n’est pas parce que les maîtres de musique n’ont aucune envie d’être considérés comme des Marc Dutroux en puissance qu’ils doivent nier la dimension très particulière de l’enseignement musical.

Les maîtres de musique ne dispensent pas un savoir positif. L’apprentissage de la musique s’adresse à des esprits, mais aussi à des corps. Je ne connais guère de maître de musique qui s’abstienne tout à fait, horresco referens, de toucher son élève ; pour corriger sa posture ; pour lui indiquer un geste ; pour désigner un point névralgique d’où part un mouvement, un muscle où circule une énergie. Une proximité physique s’instaure, qui en effet n’est pas une séduction, mais qui est une communication que les mots ne suffisent pas à établir. La musique même, si immatérielle soit-elle, n’est rien d’autre qu’un phénomène physique, qu’un geste modifie, qu’une crispation altère, qu’une sensation précise magnifie. L’impact même en est d’abord sensoriel.

C’est parce qu’il est porteur de cette aura physique que le musicien est beau. Oui, même Radu Lupu. Il y a quelque magie sensuelle dans la façon dont un musicien dispense la sensation. Un ascendant s’exerce. Un charme opère. Les barrières de la pudeur tombent. Nous nous avouons conquis. Qui nierait la dimension quasi-sexuelle de cette relation qui s’installe entre les musiciens et nous ? Mais cette sexualisation-là est d'une nature qui n'appelle pas l'assouvissement physique. Elle s'adresse à une autre part de nos instincts et de nos pulsions. Elle se réserve même l'accès exclusif à cette part de notre être qu'elle seule fait vibrer. Etrange privilège. 

Le maître de musique n’ignore rien des arcanes de cette séduction-là. Il sait qu’entre l’élève et lui peut naître une forme singulière d’amitié. Un lien quasi initiatique s’instaure souvent. Une affinité élective s’enracine dans le terreau si particulier du partage musical.

Les inspecteurs de la Ville ont flairé cela. Les professeurs se récrient. Ils ont tort. Ils feraient mieux de revendiquer haut et fort la singularité du lien que la musique crée entre le maître et l’élève. Oui, ce lien est puissant. Il est parfois dérangeant. Il est profondément marquant. Mais dire qu’il dégénère plus souvent qu’à son tour en concupiscence pédophile, voire qu’il contient en lui le germe de « dérapages », est une ânerie sans nom. Car il n’y a rien de pathologique dans ce lien. Il n’y a rien de pervers dans ce partage. La dimension sensorielle, physiologique, physique, ne porte pas en elle la transgression. Ou alors il faudrait dire de toute relation humaine impliquant plus qu’un échange strictement cérébral qu’elle porte en elle toutes les dérives possibles. Le monde serait alors une immense orgie.

Les inspecteurs de la Ville de Paris ont sur la complexité de la relation humaine le regard nuancé de procureurs des procès de Moscou. Tout ce qui échappe à la navrante grisaille de la relation que norment les textes administratifs et calibre la surveillance policière est donc suspect. Il y a intérêt dans ces conditions à placer sous étroit contrôle les mères et les pères, les frères et les sœurs, les amitiés tendres et les amourettes innocentes.

Le plus simple serait peut-être de s’inquiéter de la santé mentale desdits inspecteurs : traquant les délinquants, pistant les abus, tentant de prévenir le mal – mission noble entre toutes -, les voici convaincus que les cochons sont partout, affolés qu’un frôlement ne donne lieu à un viol sanglant, persuadés que les conservatoires sont le poste avancé de la débauche la plus noire et qu’on y organise de nuit des rites sataniques où les instruments de musique servent d’ustensiles à de cruelles maltraitances. Le sens de la mesure les a abandonnés, une forme aiguë de paranoïa les a contaminés. Combattre les délits pédophiles est une nécessité absolue, mais je crains que leur prévention ne prenne des formes un peu radicales dans l'esprit des charmants inspecteurs. Bientôt peut-être, on les verra surgir sur la scène du Théâtre des Champs-Elysées au moment le plus enivrant d'un récital de Cecilia Bartoli pour mettre sous camisole cette folle lubrique et placer sous protection judiciaire les spectateurs de moins de dix-huit ans. 

Professeurs de musique, je vous en conjure, n’entrez pas dans ces débats. Nous admirons que votre métier soit aussi une éducation des corps, et non seulement des esprits. Il est naturel que la musique soit une expérience dépassant la froide raison. Revendiquez-le haut et fort, en ce monde que les écrans et les règlements aseptisent. Et faites entendre aux vaillants pions qui vous inspectent que rien de tout cela ne fait de vous des Rois des Aulnes assoiffés de chair fraîche, pas plus que la musique ne transforme ceux qui l’écoutent en singes et en cochons, comme l’assurait récemment un désopilant imam.

Nous sommes en 2016, et la musique décidément reste la première cible de ce qui, sous toutes les latitudes, caractérise les dictatures, qu’elles soient déclarées ou insidieuses : le puritanisme.

 

© Sylvain Fort - Forum Opéra. 11 juin 2016.

 

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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 22:45

On se souvient du tollé provoqué par "l'affaire Dutilleux", et de la nullité affligeante du sieur Christophe Girard à cette occasion :

 

 

Mais comme disait l'autre, "les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît". Bien obligé, sous la pression, d'accepter la pose de cette plaque, le sinistre inculte s'est fendu d'un petit discours. En évoquant un "choix personnel d'oeuvres" du Maître. Sauf que ce "choix personnel" ne fut rien d'autre que la lecture d'une page Wikipédia, qui plus est en accumulant les erreurs (Dawn Upshaw devenant Dawn Shaw, le titre Le temps de l'horloge). Mais le pire étant toujours possible, le voilà qui ajoute à l'incompétence la muflerie la plus grossière. Je vous laisse écouter, dans la vidéo ci-dessous, le passage où il s'adresse à la Secrétaire particulière de Rostropovitch, simplement ignoble.

La décence aurait voulu qu'il s'efface et laisse la parole à une personne connaissant son sujet, et voulant rendre à Dutilleux l'hommage qui lui est dû. Étienne Kippelen, par exemple, ou Thierry Escaich, depuis peu membre de l'Institut et probablement plus grand compositeur français d'aujourd'hui. Mais non, ne doutant de rien, ce gnome a expédié les affaires courantes. Quant aux excuses suite à "l'affaire", elles ne viendront pas, inutile de les attendre. Circulez, y a rien à voir. Je vous laisse juges :

 

Le mal était fait, après tout. Et Dutilleux était bien trop grand, les mélomanes le savent et s'en souviennent. Bien trop grand, en tout cas, pour être honoré par des nains. Nains qu'il serait de salubrité publique que les prochaines élections renvoient dans le néant duquel ils n'auraient jamais dû sortir.

 

© Franz Muzzano - Septembre 2015. Toute reproduction interdite sans autorisation de l'auteur. Tous droits réservés.

 

 

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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 21:26
The Chopin Project Live - Une fausse bonne idée.

Paris - Trianon - 11 septembre 2015. Très loin de Nohant...

 

Le "projet" d'Ólafur Arnalds et Alice Sara Ott, tel que proposé au disque, était ambitieux, risqué et avait abouti à une pure merveille (voir l'article que je lui avais consacré) :

http://www.franzmuzzano.com/2015/03/the-chopin-project-nohant-sous-la-pluie.html

 

Pourquoi pas alors le faire voyager, et l'offrir en "live" lors d'une tournée, qui passait par Paris en ce 11 septembre pour un unique concert en France. J'en attendais beaucoup, la déception est grande. Mais pouvait-il en être autrement ?

Ce qui faisait toute la saveur du disque était son atmosphère feutrée, cette impression que nous avions de nous retrrouver dans un salon aux alentours de 1840, avec en fond sonore des bribes de conversations, des rires étouffés et la pluie qui venait cogner sur les carreaux. Le travail d'Ólafur Arnalds fait d'une prise de son vintage sur un piano délicatement "préparé" prenait alors tout son sens. Nous étions dans l'intime, et renvoyés à notre propre intimité. Nous frôlions la redingote de Chopin, nous entendions le bruissement de la robe de George Sand sur les lattes du plancher, nous surprenions Tourgueniev chuchotant à l'oreille de Pauline Viardot, nous devinions le crissement des fusains de Delacroix. Pour rendre cela vivant, il aurait fallu convier le public dans une toute petite salle (la bibliothéque d'Ary Scheffer, transformée en salon de musique, au Musée de la Vie Romantique eut été idéale...), et ne pas lui imposer le silence. Mais dans un théâtre aux dimensions du Trianon, dans une ambiance de concert "classique", toute cette atmosphère est impossible à recréer, et l'ennui s'installe très rapidement.

Pourtant, en arrivant dans la salle vingt minutes à l'avance, l'on se dit que peut-être le projet va prendre chair. Le public n'a pas droit à un programme, pas même un simple feuillet de présentation. Présage d'une soirée d'improvisations ? Non, tout simplement oubli, ou négligence. Et surtout, un pianiste (qui se présentera ultérieurement et dont on ne retient que le prénom, Frederik) joue ses propres compositions pendant que l'on s'installe dans le noir, que l'on dérange les personnes déjà assises, que l'on glisse une pièce dans la main de l'ouvreuse. On écoute d'une oreille distraite, tout en parlant à son voisin, des pièces sans intérêt aucun, construites sur un seul thème et que l'on ne peut même pas qualifier de minimalistes. Mais cette entrée en matière est peut-être le prélude à une invitation au voyage. Hélas, elle est surtout là pour meubler, avant que les lumières ne se rallument pour vingt minutes d'attente interminable, propices aux derniers réglages nécessaires à l'ingénieur du son. Et quand les artistes entrent enfin, c'est pour dérouler le programme du disque, en enchaînant les pièces.

Certes, il reste le travail sur le son cher à Ólafur Arnalds, cette façon de "préparer" les pianos (un Steinway et un Yamaha) afin de les faire sonner comme un Érard. Il reste le jeu merveilleux d'Alice Sara Ott, sublimant les Nocturnes en sol mineur ou mi mineur ou le Largo de la Sonate n° 3. Mais le studio n'est pas là pour corriger la sonorité d'un quatuor pour le moins grinçante (d'autant que les techniciens ne le ménagent guère, en forçant bien sur le volume). Et, surtout, on cherche désespérément la moindre cohésion dans ce programme qui n'est qu'un filage des morceaux du disque, son atmosphère en moins.

Le public applaudit poliment ces pièces tout de même fort bien données, mais auxquelles il manque une chair, et même un "esprit". On pense que le dernier morceau va enfin, peut-être, renouer avec le sentiment de complicité entre musiciens et auditeurs que le disque faisait naître, quand Ólafur Arnalds s'adresse à l'assistance en lui disant qu'elle va pouvoir "participer". Las...En fait de participation, il lui demande de chanter un "La", qu'il enregistre et triture pour en produire un son arrangé à sa sauce. Utilisant ce "La" comme quinte d'un accord, le quatuor se lance dans un thème en ré mineur, immuable, répétitif, que par la magie de modulations pour le moins osées, Alice Sara Ott reprend et transforme pour aboutir à un superbe Prélude en ré bémol majeur (celui de "la goutte d'eau"). La seule émotion réelle viendra du premier bis, où après avoir disserté durant cinq minutes sur son goût du whisky qu'elle partage avec Ólafur Arnalds, elle nous explique à quel point Chopin est important pour elle. Lors d'une tournée de concerts en Europe, elle savait sa grand-mère condamnée par le cancer, et aurait voulu se trouver près d'elle au Japon. Un jour, sa soeur lui téléphona en lui disant "je te la passe, elle voudrait entendre du Chopin". Alice posa l'appareil sur le piano, et joua la Valse en la mineur n° 11. Quand elle reprit le téléphone, la vieille dame s'en était allée. C'est cette pièce qu'elle donna en bis, dans un silence respectueux et complice. Qui aurait dû terminer la soirée, mais Arnalds y alla lui aussi de son petit "encore", que personne n'écouta...

 

Light show quand il aurait fallu des bougies, ou pour le moins une lumière tamisée, absence de réel partage, distance quand le projet appelle la proximité...Oui, dans les conditions imposées par une grande salle, le "Chopin Project" en version de concert est une fausse bonne idée. Alors vite, allumons un feu de cheminée, servons-nous un verre, serrons-nous contre l'être aimé...et réécoutons le disque.

 

© Franz Muzzano - Septembre 2015. Toute reproduction interdite sans autorisation de l'auteur. Tous droits réservés.

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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 00:00
Henri Dutilleux proscrit par les bobos.

Henri Dutilleux en 2004, en promenade dans l'Île Saint-Louis.

 

Il aurait eu 100 ans le 22 janvier prochain, mais, Mystère de l'instant, il s'en est allé le 22 mai 2013, dans sa 98ème année, donc. Et sans qu'un seul représentant de l'État ne fasse le déplacement pour honorer sa mémoire. En ce jour où France Musique célèbre en grandes pompes les 90 ans du General Musik Führer Pierre Boulez, grand pourfendeur durant près d'un demi-siècle de tout ce qui, dans la musique contemporaine, n'avait pas l'honneur de son imprimatur, j'apprends une nouvelle qui sera pour beaucoup anecdotique, mais qui révèle bien des choses sur l'état de délabrement mental de nos prétendues élites.

Peut-être à l'approche de son centenaire, ou peut-être simplement pour réparer un oubli, un élu du quatrième arrondissement de Paris a demandé à ce que soit apposée une plaque commémorative sur l'immeuble où Henri Dutilleux passa une grande partie de sa vie, dans l'Île Saint-Louis. Rien que de très normal, même si l'hommage peut sembler tardif. Normal ? Pas pour Christophe Girard, Maire de cet arrondissement, ni pour Karen Taïeb, Conseillère de Paris. Et quelle est la raison de ce refus ? Le compositeur est jugé coupable d'avoir, en 1941, écrit la partition d'un film de propagande aussi oublié qu'inoffensif, intitulé Forces sur le stade. Documentaire de propagande, oui, vantant les mérites du sportif et de l'ouvrier, selon les critères du Régime de Vichy. Comme il s'en réalisa des centaines, commandés aux artistes et techniciens qui n'avaient pas quitté le pays. Rien de collaborationniste dans le travail d'un musicien de 25 ans, probablement un travail "alimentaire". Comme ce fut le cas pour des milliers de personnes travaillant dans le cinéma durant ces années-là, par ailleurs riches en chefs-d'oeuvre absolus du septième art (voir, à ce sujet, l'indispensable livre de Philippe d'Hugues, Les écrans de la guerre).

Surtout que Dutilleux ne resta pas les bras croisés entre 1940 et 1944, après avoir été mobilisé en 1939. En 1942, il adhèra au Front national des musiciens, auréolé de son premier Prix de Rome obtenu en 1938. À ses côtés se trouvaient Poulenc, Auric, Rosenthal, Roland-Manuel, Munch, entre autres. Rassemblement qui n'était rien d'autre qu'une organisation de résistance. En 1944, c'est clandestinement qu'il composa La Geôle, mettant en musique un sonnet du poète Jean Cassou, résistant emprisonné à Toulouse. Collabo, Dutilleux ? Tellement pas que même les tondeurs de chiens des comités d'épuration l'ignorèrent complètement, et qu'il eut en charge le service des illustrations musicales à la Radiodiffusion française dès la libération de Paris en 1944, poste qu'il tint jusqu'en 1963.

Mais pour un Torquemada de carnaval, un Fouquier-Tinville de Nuit Blanche, un Grand Inquisiteur de la pensée pervertie tel que Christophe Girard, tout cela ne compte pas. Dutilleux a fauté, a commis l'irréparable, s'est acoquiné avec la Bête Immonde. Qu'importent les faits avérés de résistance, les multiples hommages venus du monde entier, tant pis s'il fut celui chez qui Rostropovitch se réfugia pour sa première nuit en France après son exil de 1974, et sa nomination comme parrain d'honneur de l'association internationale d'aide à l'enfance en Équateur Ecuasol ne doit être qu'une breloque offerte à un vieillard. Pour Christophe Girard, Henri Dutilleux est un salaud, point final.

C'est vrai que l'apport créatif de Monsieur Girard est à des années-lumière au-dessus de la misérable oeuvre laissée par le minuscule Dutilleux. Il faut dire qu'il a eu le temps de créer, ce fils de très bonne famille de Saumur, entré chez Saint-Laurent à 22 ans suite à sa rencontre avec Pierre Bergé. Introduit en politique, il se permit même de conserver son poste de directeur de la "stratégie mode" chez LVMH en étant, dans le même temps, adjoint de Bertrand Delanoë, en charge de la culture. Je m'incline, il faut tenir la coupe de Roederer sans trembler, soir après soir, ça force l'admiration. Nous n'avons jamais vu les oeuvres de cet immense créateur, mais constatons que dans le style "vide sidéral", elles s'imposent comme des paradigmes. Alors, le pauvre Henri Dutilleux, pour un génie de son envergure, mon Dieu quelle importance ! Surtout qu'en plus, il composa de la musique durant "les-heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire". Un seul qualificatif s'impose donc à lui pour exprimer sa "pensée" : nauséabond (à toujours employer dans un tel cas, ça fait lettré...).

Sérieusement, il m'importe peu que le sinistre Girard ait un jour écouté la moindre pièce de ce génie. Le compositeur et musicologue Étienne Kippelen, lauréat du Concours Dutilleux 2012, a mis en ligne une pétition pour que cesse cette calomnie. Contre la connerie, malheureusement, on ne peut rien. Mais en attendant que nous soyons débarrassés de ces inutiles et coûteux parasites, nous pouvons toujours la signer. Et la partager. Le plus possible. Le plus loin possible, en visant Tout un monde lointain...

 

© Franz Muzzano - Mars 2015. Toute reproduction interdite sans autorisation de l'auteur. Tous droits réservés.

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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 14:30

Je m'autorise une petite pause en m'éloignant assez nettement de l'art lyrique, encore que cet article aurait pu s'intituler Die Frau ohne Schatten (La femme sans ombre). Et il est vrai que les ingrédients qui nous furent proposés dans la lucarne en ce 22 avril ne nous épargnaient rien des poncifs d'un mauvais livret : destinée brisée, trahisons, complots...Ne manquaient que quelques Crudel et autres Traditor avant la tombée du rideau. Sauf que l'on n'a pas vraiment envie de demander un bis.

 

Un jour, un destin, donc, était consacré à Anne Sinclair. M'armant de courage, je l'ai regardé en "replay" (et en tranches, deux heures et onze minutes de culte de la personnalité, il ne faut pas trop m'en demander). Et la première question qui me vint fut : "pourquoi faire aussi long sur une affaire dont on a tant parlé ?". La réponse est simple : l'important n'est pas le "jour", mais le "destin", "le roman de sa vie", comme le dit très sérieusement Laurent Delahousse. Et nous voilà partis pour une hagiographie d'une sainte femme, une présentation de la quintessence de la perfection féminine, une canonisation du vivant de l'intéressée. Un culte de "Sainte Anne Dorée", en quelque sorte. De quoi faire mouiller tous les Morandini avides de ce nouvel opium des foules qu'est la télévision, avec un record d'audience pour l'émission, soit cinq millions de téléspectateurs et une part de marché dépassant les vingt pour cent.

On cherchera en vain le commencement d'un soupçon de sens critique dans l'interminable reportage présentant cette nouvelle Mère Teresa, comme on attend encore LA question dérangeante d'un Delahousse sous le charme et qui n'a jamais autant fait "petit garçon" faussement désinvolte, chemise ouverte et bout de fesse nonchalamment posé sur un coin de table. Non, qu'on se le dise, Anne Sinclair est parfaite !

Et ce dès sa plus tendre enfance. D'ailleurs, ses parents sont eux-mêmes des modèles, de par leur comportement durant la guerre ou encore dans leur façon d'élever leur fille unique : maman très regardante sur les résultats scolaires, papa beaucoup plus complice de jeux. Une famille en or ! Dont on se garde bien de nous préciser, avant un long moment, que le grand-père est un richissime marchand d'art ayant fait sa fortune à Paris, Londres puis New York, sa fille Micheline ayant même posé pour Picasso. Non, dans la présentation de cette "success story", on ne nous parle pas d'argent, à peine nous précise-t-on que la petite Anne passa sa scolarité au cours Hattemer-Prignet, établissement select s'il en est. Ah si, on nous dit qu'il est "laïc privé", mais on oublie de rappeler qu'il est hors-contrat. C'est bien connu, la gauche bien pensante s'est toujours fait le chantre de la mixité sociale...pour les autres. Lieu idéal pour accumuler les prix d'excellence, en concurrence directe avec Jean-Jacques Chaban-Delmas, fils de son père (détail intéressant, pas seulement pour cette enfant d'anti-gaullistes convaincus : les réunions de parents avec un président de l'Assemblée Nationale devaient être croustillantes, et donner des idées...).

À 10 ans, elle veut être journaliste, et elle est très précise : à Europe Numéro Un, comme on disait à l'époque. Et lycéenne, elle se débrouille pour passer les obstacles et poser des questions par téléphone aux invités politiques de la station. Persévérante et pugnace, la gamine ! Et une fois son diplôme de Sciences Po en poche, la voilà qui va frapper à la porte du bureau de Jean Gorini, directeur de l'information de cette radio. Il n'en veut pas, mais elle lui répond, sûre d'elle, "qu'à cela ne tienne, je continuerai à intervenir sur l'antenne par téléphone". Et cette réplique suffit à retourner Gorini, qui l'embauche. Beau comme une sitcom...On connaît la suite, l'ascension fulgurante, la carte de presse décrochée, la carrière télévisuelle.

Il est intéressant de noter que rien n'est dit, ni même suggéré, sur son attitude en 1968. Elle avait alors vingt ans, était étudiante, avait été politiquement formée par des parents qui ne portaient pas "Mon Général" dans leur coeur...bref, elle avait tout pour intégrer des cercles d'intellectuels engagés. Mais le reportage n'en parle pas, sautant allègrement de 1958 à 1972. Une vraie petite Madeleine de Fleurville !

 

Lors donc, la pommade est étalée par un aréopage de journalistes ou d'amis "proches" dont la plupart ont pour caractéristique commune d'avoir très probablement leur rond de serviette au dîner du CRIF ou dans ses dépendances (Élisabeth Badinter, Robert Namias, Guy Bedos, Jean Frydman, Ivan Levaï, Rachel Kahn, Richard Arzt...). Précision qui serait sans grande importance si elle ne venait quelque peu accentuer sa fameuse sortie datant de 1979 : "Je ne crois pas que j'aurais pu épouser un non-juif" (elle était alors mariée à Ivan Levaï). Déclaration qui fit très peu de bruit à l'époque, et même ensuite (à l'exception notable d'une réaction définitive de Pierre Desproges, qui y voyait une forme de racisme : "Je comprends aisément cette attitude qu'on pourrait un peu hâtivement taxer de racisme. Moi-même, qui suis Limousin, j'ai complètement raté mon couple parce que j'ai épousé une non-Limousine. Une Vendéenne"). Il suffit d'imaginer le tollé que provoquerait cette même phrase prononcée par n'importe quel personnage public affirmant "ne pas imaginer épouser un(e) non-catholique". Mrap et Licra sortiraient leurs habituels slogans sur le retour de la bête immonde, et la carrière du coupable serait brisée en quelques heures. Déferlante de propos énamourés émanant de la "grande famille", donc (dans laquelle on s'étonne de ne pas voir intervenir Drucker : il y aurait été parfait), et tout est mis en place pour la seconde partie du propos, "l'affaire".

 

Dominique Strauss-Kahn correspondait au critère, adoubé même par Levaï dans le rôle du cocu magnifique. On éprouve une sorte de malaise en l'écoutant évoquer sa rencontre avec son "successeur". Il dit lui avoir "confiée", très exactement comme Joseph Schwartz-Sinclair lui avait "confié" sa fille des années plus tôt. Anne Sinclair est donc une personne que les hommes se "confient", se transmettent l'un à l'autre, ce qui écorche un petit peu le mythe de la femme libre que l'on veut nous montrer. Mais le roman continue, elle devient femme de ministre et abandonne son émission "7 sur 7" par déontologie, non sans glisser qu'elle a dès lors manqué aux hommes politiques, n'hésitant pas à faire parler les morts ("Philippe Séguin m'a dit : alors, vous nous abandonnez ?"). Ascension  du bonhomme, Bercy, première chute suite à l'affaire de la MNEF, retour en fanfare, primaire de 2007 : elle est là, veillant sur la communication. Et l'on découvre, après la femme professionnellement parfaite, l'épouse idéale qui n'est pas loin de nous assurer qu'elle s'est sacrifiée pour la carrière de son mari. Le FMI ? elle ne voulait pas quitter la France. Les sondages le donnant gagnant en 2012, amenant sa démission probable du poste suprême des finances mondiales ? elle ne s'imagine pas "en première dame à l'Élysée", même si elle déclare "ne pas souhaiter de second mandat pour son mari au FMI". Mais elle suit, suprême gestion du paradoxe. Et voilà le Sofitel...elle ne sera pas "première dame".

 

Et là, trop, c'est trop. Car l'angle pris par le reportage, tout en poursuivant la sanctification de la femme trahie mais digne, est d'une indulgence indécente concernant Strauss-Kahn. Les faits (vrais ou supposés) sont survolés, le récit de la soirée d'anniversaire de Bruel à laquelle elle participe dans le même temps, dans l'ignorance de ce qui se passe de l'autre côté de l'Atlantique, détaillé avec délectation (cette femme n'a décidément que des amis). L'enquête à peine évoquée, la version de la partie adverse ignorée. En revanche, William Taylor et Benjamin Brafman, les avocats de Strauss-Kahn, ont tout loisir de s'exprimer. Rien ne nous est épargné des "conditions inhumaines" de sa détention, fers aux pieds et menottes aux poignets. Et là, enfin, la fortune personnelle d'Anne Sinclair est évoquée, parce qu'il est désormais impossible de la passer sous silence. Les conditions fixées par le juge pour la libération sont lourdes (mais à la mesure des faits reprochés, ça on oublie de le dire), et elle s'est engagée à tout payer. La défense ne discute même pas. Et c'est cette même fortune qui permettra de mettre fin à "l'affaire", suite à la transaction financière ayant clôt la procédure civile. Tout va bien, le couple peut sourire à la presse, le système judiciaire américain permet beaucoup aux puissants.

 

Mais à la vision de cette version des faits, le malaise est grand. Car il manque tout de même quelqu'un. Il s'est bien passé quelque chose dans cette chambre du Sofitel, et il est bien difficile de se contenter de la seule "faute morale" que mettra Strauss-Kahn en avant comme seule explication. Où est la victime ? À partir du moment où le reportage prend le parti de la totale innocence de l'un, il suggère implicitement la culpabilité de l'autre. Durant toute l'évocation des faits, on ne l'appelle que "la femme de chambre", elle n'a même pas de nom. Et on n'entend "Nafissatou Diallo" que lors de sa première intervention télévisée, patronyme jeté en pâture pour souligner ses "mensonges" et ses erreurs dans la chronologie des faits. Mais, surtout, pour bien souligner l'épreuve subie par Anne Sinclair quand elle voit pour la première fois le visage de "cette femme". La seule victime, c'est elle, elle qui "ne savait pas".

 

Tout est mis en scène pour nous faire croire qu'effectivement, elle ne savait rien. Oh, il y avait bien eu des rumeurs, mais sans fondement ! Piroska Nagy ? Une erreur pardonnée, "Dominique est un séducteur". Et d'ailleurs, l'économiste Hongroise avait très vite démissionné. Tristane Banon ? pas évoquée une seule fois. Le livre de Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, Les Strauss-Kahn, paru en 2012 ? Personne n'a dû le lire. Elle aurait pu répondre à la phrase de Mitterrand concernant son ex-mari : "C'est un jouisseur sans destin", ou aux témoignages de ses collaborateurs sous le gouvernement Jospin : "Jamais on n'avait vu autant de silhouettes féminines se glisser, par l'ascenseur privé, jusqu'à l'appartement de service". Quant à Sexus Politicus, paru en 2006, il évoquait dans un chapitre entier les habitudes de (des ?) Strauss-Kahn aux "Chandelles", le célèbre club échangiste de la rue Thérèse (eh oui ! ça ne s'invente pas...). Ni les auteurs, Christophe Dubois et Christophe Deloire, ni Albin Michel, leur éditeur, n'avaient été attaqués en justice par le couple. Des pressions (sans succès) pour que des passages soient coupés, oui, un procès, non. Faut-il rappeler que leur mariage eut lieu en 1991 ? Et elle "ne savait pas " ? Je veux bien que l'amour rende aveugle et sourd, mais là, pour une journaliste de ce calibre, au fait de tous les arcanes de la vie politique dans ce qu'elle peut avoir de plus sordide, invoquer le déni ne tient pas.

 

Et pourtant, voilà qu'arrive (enfin) l'entretien avec Delahousse. De toute évidence préparé, avec questions connues à l'avance et validées. Passons sur le "rêve d'enfant réalisé" de devenir journaliste, qui tient un peu du conte de fées, et sur "l'erreur de jeunesse" du clip de campagne de Mitterrand pour arriver à ce que tout le monde attend. Il faut saluer la parfaite maîtrise corporelle de la dame, qui ne laisse rien transparaître et parviendrait presque à être crédible dans ses propos. Mais comment la croire sincère quand elle affirme ne pas avoir voulu accélérer le calendrier en déclarant ne pas souhaiter un second mandat au FMI ? Bien trop fine mouche pour ne pas déduire les conséquences d'une telle phrase. Mais un aveu passe entre deux réponses banales, concernant les présidentielles de 2012 : "Je craignais beaucoup cette campagne. La politique est violente, je les ai tous vus de près, je les connais tous. la politique est un monde cruel". Que craignait-elle ? Delahousse enchaîne avec une formulation hallucinante, en fonction du contexte (déjà près de deux heures d'émission, et un public qui n'attend que CE sujet) : "En tant que journaliste, et pas en tant qu'épouse, comment qualifieriez-vous l'affaire de New York ?". Ou comment détourner les réponses que l'on souhaiterait claires. Du point de vue de la communication, chapeau bas ! Parce qu'ainsi, elle répond en évoquant le côté "gigantesque", "énorme" de cette affaire, son mari en prison les fers aux pieds, l'enfermement obligé dans la luxueuse maison à cause des journalistes, le comportement de la presse. Faussement détachée (la journaliste) se fait la voix de la victime (la femme). Et non, elle n'y croit pas, et n'y a jamais cru, et sait que cela n'a pas existé. Et "Dominique a tout simplement eu un comportement sot, stupide, incohérent, infantile, pas à la hauteur...à la veille d'une élection". Oui, ce qui est grave n'est pas l'acte, mais les conséquences sur son destin. Quant à l'idée d'un complot, elle la rejette du bout des lèvres, tout en regrettant l'attitude des autorités françaises. En ne voulant rien dire sur Sarkozy, elle dit tout le fond de sa pensée, et la haine est le premier sentiment visible sur ce visage jusque là souriant. Mais elle le redit, si elle le connaissait "charmeur", pour le reste, elle "ne savait pas". Et pour couronner le tout, "elle n'est pas chargée de l'enquête" et en sait autant que Delahousse sur ce qui s'est réellement passé au Sofitel. Sans avoir un mot, bien entendu, pour Nafissatou Diallo.

 

Alors pourquoi cette émission ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi plus de deux heures qui ne nous apprennent rien d'autre que : Anne Sinclair est une immense professionnelle, la perfection faite femme, une sainte laïque ? Le plat est trop bien préparé et le décor trop beau pour ne pas cacher quelque chose.

Les critiques de plus en plus nombreuses des internautes concernant le contenu du Huffington Post ne sauraient suffire à justifier un tel coup de communication. Mais en revanche, France Télévision pense peut-être manquer d'une vraie personnalité pour animer les nombreux débats que la situation politique actuelle laisse entrevoir. Relancer Anne Sinclair en la présentant ainsi pourrait être le premier acte d'une acclimatation du téléspectateur. Et si je feignais de m'étonner de l'absence de Drucker dans le documentaire, un "Vivement Dimanche" qui lui serait consacré à la rentrée de septembre ne me surprendrait pas, toujours dans cette optique.

Mais il ne faut pas négliger un autre point. Si le Sofitel est une affaire judiciairement classée, celle du Carlton de Lille devrait être jugée en 2015, probablement durant le premier semestre. Première avocate envoyée au front pour défendre l'un des principaux inculpés ? "On ne quitte pas un homme quand il est à terre"...Elle n'aurait pas tout à fait terminé le travail, les avocats le savent. Et il est probable alors que le lien qui noue tout ce beau monde se nomme Anne Hommel, présentée comme la conseillère en communication de Dominique Strauss-Kahn ET d'Anne Sinclair. Tout est dans le "et"...

Car un non-lieu lui redonnerait une totale virginité, si j'ose dire. Et lui permettrait de retrouver des ambitions politiques que tout le monde pensait pulvérisées. Un récent sondage, où il ne figurait que de manière fictive, le plaçait largement en tête des personnalités les plus compétentes au parti socialiste (ce qui en dit long sur l'état de cette formation). Compétent, mais pas forcément souhaité par une opinion publique qui, surtout du côté des femmes, aurait de la mémoire. Mais l'on a souvent vu que rien n'était impossible, et avoir du sang contaminé sur les mains n'a jamais empêché personne de se présenter à des primaires, avant d'investir le Quai d'Orsay. Une autre forme de relance, en quelque sorte...

 

La redevance aura donc servi à financer un documentaire vide de toute information digne de ce nom, en forme de publi-reportage très savamment agencé. Plus rien ne me surprend, venant du "service public".

 

Et pendant ce temps-là, Dominique Alderweireld, dit "Dodo la Saumure", annonce qu'il ouvrira mercredi prochain, le 30 avril, une nouvelle "maison de plaisir" en Belgique. Son nom ? En flamand, le "Dodo Sex Klub". Que tout le monde appelle déjà le DSK...

 

 

 

© Franz Muzzano - Avril 2014. Toute reproduction interdite sans autorisation de l'auteur. Tous droits réservés.

 

 

 

 

 

 

 

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  • : Les Chroniques de Franz Muzzano
  • : Écrivain, musicien et diplômé d'Histoire de la Musique, j'ai la chance, depuis plus de 40 ans, de fréquenter les salles de concerts et les maisons d'opéras, et souvent aussi leurs coulisses. J'ai pu y rencontrer quantité d'artistes, des plus grands aux plus méconnus. Tous m'ont appris une chose : une passion n'a de valeur que si elle se partage. Partage que je vais tenter de vous transmettre à travers ces chroniques qui relateront les productions que j'ai pu voir ou entendre (l'art lyrique y tenant une grande place). Mais aussi les disques qui ont contribué à me former, tout comme les nouveautés qui me paraîtront marquantes (en bien ou en mal). J'évoquerai aussi certaines grandes figures du passé, que notre époque polluée par les "modes" a parfois totalement oubliées. Je vous proposerai aussi des réflexions sur des aspects plus généraux de la vie musicale. Tout cela dans un grand souci d'impartialité, mais en assumant une subjectivité revendiquée. Certaines chroniques pourront donc donner lieu à des échanges, des débats contradictoires, voire des affrontements qui pourront être virulents. Tant que nous resterons dans la courtoisie, les commentaires sont là pour ça. Et vous êtes les bienvenus pour y trouver matière à vous exprimer. En n'oubliant jamais que la musique n'est rien sans les artistes qui la font vivre et qui nous l'offrent. Car je fais mienne la phrase de Paul Valéry : "Aujourd'hui, nous n'avons plus besoin d'artistes. Mais nous avons besoin de gens qui ont besoin d'artistes".
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