Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 juillet 2013 5 26 /07 /juillet /2013 19:14

Vous allez dire que je m'acharne, que j'en remets une couche, que je pourrais changer de disque. Mais désolé, comme il se dit dans les cours de récréation, "c'est pas moi qu'a commencé" !

 

Je n'avais pas commenté la nouvelle tombée en juin dernier, qui nous apprenait que le Divo annulait sa participation à la production d'Alceste de Gluck en septembre prochain à Garnier. Une production qui était plus ou moins montée pour lui, à sa demande, avec pas moins que Minkowsky et ses Musiciens du Louvre, mise en scène par Olivier Py. Annulation "pour raisons personnelles"...Que s'est-il passé ? Mésentente avec le chef ou le metteur en scène ? Peu probable, les répétitions n'avaient pas commencé. Moment de lucidité en regardant la partition ? On peut toujours rêver à une minute d'intelligence dans un plan de carrière qui en manque cruellement. La déclamation châtiée de la ligne gluckiste lui allant à peu près aussi bien qu'un bracelet-montre à un anaconda, l'ouvrage y gagne. D'autant que Yann Beuron, qui devait alterner, assurera l'ensemble des représentations. Sa fréquentation de ce répertoire, et de celui qui l'a précédé, ainsi que son habitude de travailler avec Py et Minkowsky sont des assurances. Mais cela supposerait donc que le sieur Alagna ait eu l'humilité de reconnaître qu'il s'était trompé. L'Esprit Saint tombant sur Admète...peu probable.

 

Il reste qu'une nouvelle fois, un engagement n'est pas tenu et là, une mycose laryngée ne peut pas être évoquée. Aux dernières nouvelles, il n'a pas renoncé à Werther en janvier 2014. Chose intéressante, le programme de Bastille indique "non communiqué" pour celui qui doit chanter le 12 février...comme si les prétendants ne se bousculaient pas, ayant dans l'idée qu'ils pourraient bien avoir à assurer la totalité de la production. Et donc passer après Kaufmann, génial de bout en bout il y a deux ans. Voire récupérer les morceaux en cas de défaillance du cher Roberto après la première (pas après la générale, n'oublions pas l'inconséquence du personnage...souvenons-nous de Calaf). Mais il serait peut-être judicieux de regarder le programme du cher Jonas à ces dates-là, et de prendre une place. On ne sait jamais, il aime bien rendre service...

 

Jusque là, il n'y avait effectivement pas de raison d'en rajouter. Du Alagna dans le texte. Mais les événements de ces derniers jours font que le point de rupture est atteint.

 

Vous l'avez peut être vu chanter La Marseillaise le 14 juillet, en duplex de Marseille. En fait, enregistré, mais bon...Gatti est suffisamment grand pour s'en accomoder. Oui, il était à Marseille, où il donnait en concert les 12 et 15 juillet rien moins que Les Troyens de Berlioz ! Énée, dans la version intégrale, rien que ça...La critique a été plutôt courtoise, soulignant tout de même des aigus escamotés, des trous et des passages à vide (tout cela le nez sur son pupitre...). C'est à dire, en lisant entre les lignes, qu'il n'a tout simplement pas chanté la partition, ce qui est tout de même le minimum que l'on puisse lui demander. De plus, son utilisation de la voix mixte et de la voix de poitrine semble avoir été à l'inverse de ce que voulait Berlioz, nouveau petit arrangement avec les notes. Qui connaît vraiment cet ouvrage si complexe à monter ? Ce n'est pas Carmen, on peut berner le public, il n'y verra que du feu...Ça devient une habitude avec lui, décidément (là encore, remember Calaf, seconde soirée...).

 

Mais le pire arrive. Le 16 juillet, l'individu annulait purement et simplement le concert qu'il devait donner à Orange le 19 avec Anna Caterina Antonacci, sous la direction d'Alain Altinoglu. Pour "raisons de santé", en produisant un certificat médical, alors qu'il "chantait" Les Troyens la veille ! Trois jours pour lui trouver un remplaçant, dans un programme similaire, était tout simplement impossible. Résultat : annulation, 5400 places à rembourser, et un nouveau coup très dur pour les Chorégies, pour les finances et pour l'image.

 

Ce qui est simplement inadmissible dans cette affaire est d'avoir signé ce calendrier. Les concerts marseillais étaient probablement prévus de longue date, alors pourquoi avoir programmé celui d'Orange ? Manque total de respect pour le public bien entendu, mais surtout pour Antonacci (qui y aurait fait ses débuts), et qui avait bloqué sa date pour une soirée unique qui ne put avoir lieu. Et quel mépris pour Duffaut, qui lui passe tout depuis des années, qui fait sa programmation en fonction de lui, et surtout en fonction de ses désirs (Radames ou Canio, indéfendables, et encore une fois Calaf, qui fut bien près de sonner le glas des Chorégies...).

 

Le résultat ne se fera probablement pas attendre. Ses collègues vont commencer à en avoir par-dessus la tête de ses caprices et du peu de cas qu'il fait d'eux. Il suffit d'évoquer la Turandot de 2012 pour s'entendre répondre par la grande Lise Lindstrom que "le métier de chanteur est difficile"...Bref, elle n'a pas vraiment digéré le coup de l'épée de Damoclès qu'elle a dû subir l'été dernier, et le fait que la tragi-comédie du bonhomme occulte sa superbe prestation. Je ne suis pas certain qu'Antonacci soit prête pour une nouvelle production avec lui. Et il faut bien évoquer les accusations portées par Angela Gheorghiu dans le quotidien The Independant le 3 juillet dernier (pas Gala ni Voici...), où elle parle ouvertement de violences domestiques...

 

link

 

Et noter cette précision : "leurs collègues l'avaient pourtant mise en garde"...Oui, elle parle des "collègues".

 

Alors Monsieur Roberto Alagna, qui respectez-vous ? Pas le public, pas vos collègues, pas ceux qui vous ont aidé, pas les compositeurs, pas même votre future-ex femme (à qui, du coup, je pardonne beaucoup de choses...) ? Oui, qui, à part vous-même et votre clan qui vous protège ?

 

En 35 années de fréquentation de la scène lyrique, j'ai entendu des géants, des promesses non tenues, des catastrophes, des merveilles. J'ai toujours eu le plus profond respect pour celui ou celle qui osait se confronter au public dans le terrifiant art du chant, qui offre beaucoup mais exige autant. Jamais je n'ai croisé un tel personnage, qui n'existe que pour satisfaire son ego. Au mépris de tout, et de tous. Alors à moins d'apprendre qu'il est atteint d'une très grave maladie, je n'excuse plus rien venant de cet individu. Et préconise un absolu boycott de tous ses concerts, de toutes ces prestations, de tous ses disques.

 

Pour qu'il se taise. Définitivement.

 

(Ce dernier passage, à partir de "Alors à moins d'apprendre..." jusqu'à la fin, est ridicule et stupide. Excessif, prétentieux, tout simplement nul. Je regrette de l'avoir écrit. Je le laisse par honnêteté pour les lecteurs à venir, pour qu'ils aient devant les yeux le même texte que ceux qui l'ont lu lorsque je l'ai rédigé. Il n'était que l'expression d'une colère d'un soir, que je n'ai pas su maîtriser. Dans la mesure du possible, merci de ne pas en tenir compte, mes mots ont dépassé ma pensée) Franz Muzzano - Août 2014.

 

© Franz Muzzano - Juillet 2013. Toute reproduction interdite sans autorisation de l'auteur. Tous droits réservés.

Partager cet article

Repost 0
Published by Franz Muzzano - dans Opéra : L'humeur de Franz
commenter cet article

commentaires

Sophie 19/01/2015 12:42

vous êtes un triste sire, Monsieur, pour vous permettre les commentaires que vous faites ! qu'avez-vous réalisé dans votre vie pour émettre un avis qui n'intéresse certainement pas grand monde ? Vous croyez-vous investi de la pensée universelle ? Ce que vous osez écrire est méprisable !

Franz Muzzano 19/01/2015 14:00

Chère Sophie, c'est bien de découvrir un blog et de le commenter, mais encore faudrait-il le faire de façon juste et intelligente. Tout d'abord, vous ne tenez pas compte de l'encart entre parenthèses ajouté en août 2014, qui s'il ne remettait pas en cause le fond de l'article, en tempérait considérablement la forme, tout au moins dans sa conclusion. Mais qu'importe, j'assume ce papier écrit il y a un an et demi.
En revanche, vous oubliez les derniers articles que j'ai consacrés à Roberto Alagna, par exemple celui dans lequel je critique son récital "Ma vie est un opéra", et surtout celui du 25 décembre 2014. Le "triste sire" n'a plus la même opinion, tout simplement par ce qu'il n'entend plus, aujourd'hui, la même chose dans les prestations de l'artiste. Sans parler de celui que je prépare, et que vous ne pouvez évidemment pas connaître, sur son actuel Werther à Bilbao. Je ne sais pas si je suis investi de "la pensée universelle", mais je sais que lorsqu'on prend un train en marche, on essaie de monter dans la voiture de tête. Donc lisez-les si vous le souhaitez, et revenez me dire bonjour ensuite, vous serez la bienvenue :)

email outlook express 06/06/2014 12:57

The problems happening in the football association had taken a new turn after the involvement of Roberto Alagna into this issue. The opposition teams are very strong and they stand on their statements. Let’s see what will happen in the coming years.

Jade 08/09/2013 19:42


Je suis assez d'accord avec vous, Roberto Alagna n'est plus le ténor solaire qu'il a été...Mais si l'on en croit sa page Facebook, 2013 est l'année de tous les bonheurs pour lui : une belle
romance avec une soprano polonaise, un bébé en février 2014, et cerise sur le gâteau : il parait même que la Scala lui propose de revenir chanter...? Si,si, Aïda... Mais il hésite, alors il
demande à son public. J'espère qu'il va bien réfléchir avant de prendre sa décision...


En ce qui me concerne, j'ai tourné la page...


 

Franz Muzzano 11/08/2013 14:06


Chère Yolande, je me demande si vous m'avez bien lu. En quoi mon propos est-il méprisant envers vous ? Je me réjouis, au contraire, du fait que vous ayez vécu un beau moment de musique. Je vous
suggérais simplement de faire la différence entre un programme qu'il conçoit lui-même, où il est la seule "attraction", et des ouvrages où il doit d'abord interpréter loyalement ce qu'un
compositeur a écrit. Ai-je parlé aussi d'un quelconque "savoir universel" ? Certainement pas. Simplement je constate l'évolution d'une carrière qui avait tout pour être exceptionnelle,
qualitativement parlant, et qu'il a gâchée par manque de discernement (et aussi en étant très mal conseillé...). Non, je ne guette pas la faille, je connais la scène, et elle me fait mal quand je
l'entends. Simplement, il ne fallait pas être devin pour prévoir ce que le Turandot de 2012 allait donner. On ne demande pas au champion olympique du 100 mètres de faire un bon temps sur le
marathon...Et n'oubliez pas que dans une production lyrique, aucun chanteur n'est seul. C'est un travail d'équipe, et la liste des productions dont on ne parle qu'à cause de ses défaillances,
omettant ainsi de mettre en lumière ce qu'ont offert ses partenaires, s'allonge de plus en plus. La scène n'est pas une corrida, je n'attends pas la mort du matador, bien au contraire. Je
souhaite seulement qu'il ait les moyens de ses ambitions, et qu'il ne mette pas en péril les picadors qui l'entourent.


Quant au mélange des genres, que d'après vous je mépriserais, sachez qu'il n'est pas le premier à s'y adonner. Les plus grands l'ont fait avant lui, avec bonheur. Lisez ce que j'en dis concernant
des figures comme Lawrence Tibbett ou Riise Stevens, par exemple.


Cordialement.

labreure yolande 11/08/2013 09:17


Pourquoi tant de mépris pour vos contradicteurs?Etes vous le genre de spectateur qui guette la faille du chanteur d'opéra?Avez-vous le savoir universel en matière de grande musique? Je vous le
concède, Roberto Alagna n'est pas irréprochable en ce moment mais que savons- nous de sa maladie? A Arcachon, à la fin du spectacle, il a chanté de l'opéra à la demande du public et son spectacle
a duré 3H.Il a entamé son spectacle sur le ton de la fantaisie pour le terminer en donnant le meilleur de lui- même dans la communication avec le public

Franz Muzzano 11/08/2013 02:19


Parlons-nous de la même chose ? Vous évoquez un spectacke de variétés, dans lequel il peut s'arranger comme il veut avec la musique en fonction de sa forme du moment, moi je vous parle
d'interpréter loyalement une partition qu'il doit SERVIR. Je suis sincèrement heureux que vous ayez passé une bonne soirée, mais je ne vois pas où est le "parisianisme" à demander à ce qu'il
respecte autant son public quand il est supposé chanter du lyrique. Un Chénier maltraité à New York par manque de travail, après une Turandot inqualifiable, avant des Troyens pour le moins
"arrangés" et applaudis par sa seule bande d'admirateurs fanatiques qui lui pardonnent tout, même de ne pas chanter, même de craquer ses aigus, même de finir sur les rotules parce que le rôle
n'est pas pour lui (et hués par les autres), et maintenant le sale coup fait à Antonacci et aux Chorégies. Combien avez vous payé votre place à Arcachon ? Connaissez-vous le prix des billets à
Orange, Marseille ou New York ? On est en droit d'être un peu exigeant quand on débourse 240 € plus un hébergement, et qu'on n'entend pas ce qu'on devrait entendre. L'accident arrive à tous, mais
l'inconscience égocentrique, c'est autre chose. S'il est bon dans la variété, qu'il reste dans ce domaine. Vous y gagnerez, et l'opéra aussi.

labreureyolande 10/08/2013 19:34


Spectatrice à Arcachon le8/08/2013du concert de Roberto Alagna. J'ai été très touchée par son talent et sa générosité envers le public car il a senti qu'on l'aimait.Fi du microcosme des critiques
parisien! c'est un grand artiste et avec lui, les variétés deviennent de l'art.Ce n'est pas un capricieux mais un hypersensible avec une ame d'enfant qui ne peut fonctionner de façon
conventionnelle.Il peut tout chanter et tout donner.Il traverse une zone de tempête ( santé, vie privée)mais c'est au public de le juger sur son seul talent et sur ce qu'il donne

Volpi 05/08/2013 01:43


Tout à fait d'accord...Star system et caprices qui vont avec

Présentation

  • : Les Chroniques de Franz Muzzano
  • : Écrivain, musicien et diplômé d'Histoire de la Musique, j'ai la chance, depuis plus de 40 ans, de fréquenter les salles de concerts et les maisons d'opéras, et souvent aussi leurs coulisses. J'ai pu y rencontrer quantité d'artistes, des plus grands aux plus méconnus. Tous m'ont appris une chose : une passion n'a de valeur que si elle se partage. Partage que je vais tenter de vous transmettre à travers ces chroniques qui relateront les productions que j'ai pu voir ou entendre (l'art lyrique y tenant une grande place). Mais aussi les disques qui ont contribué à me former, tout comme les nouveautés qui me paraîtront marquantes (en bien ou en mal). J'évoquerai aussi certaines grandes figures du passé, que notre époque polluée par les "modes" a parfois totalement oubliées. Je vous proposerai aussi des réflexions sur des aspects plus généraux de la vie musicale. Tout cela dans un grand souci d'impartialité, mais en assumant une subjectivité revendiquée. Certaines chroniques pourront donc donner lieu à des échanges, des débats contradictoires, voire des affrontements qui pourront être virulents. Tant que nous resterons dans la courtoisie, les commentaires sont là pour ça. Et vous êtes les bienvenus pour y trouver matière à vous exprimer. En n'oubliant jamais que la musique n'est rien sans les artistes qui la font vivre et qui nous l'offrent. Car je fais mienne la phrase de Paul Valéry : "Aujourd'hui, nous n'avons plus besoin d'artistes. Mais nous avons besoin de gens qui ont besoin d'artistes".
  • Contact

Recherche