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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 17:40

"Vrai" marquis titré par la Couronne d'Espagne, Jean-Paul Chayrigues de Olmetta est peut-être d'abord un fier montmartrois, grand piéton de Paris devant l'Eternel. Entre autres activités, il fut longtemps Contrôleur de la Société des Auteurs dramatiques.
Il vient de publier son Almanach du Marquis 2010 (éditions Via Romana, 5, rue du Maréchal Joffre, 78000 Versailles), troisième volume d'un journal commencé en 2008.
Récits de voyages, propos de table (qui nous permettent de connaître quelques bonnes adresses, ou de fuir certaines autres...) et propos impertinents relatant ses sorties dans le "monde" sont distillés avec un humour souvent décapant. Mais il est aussi un homme qui ne craint pas de nous confier, avec une grande pudeur, ses émotions d'une manière souvent poignante. Pour lui, l'expression "fidèle en amitié" n'est en rien une formule.
Ce cher marquis ne se contente pas de dîner en ville, il va au cinéma, la plupart du temps seul et en...payant sa place. Chacun des trois volumes est émaillé de critiques qui peuvent être aussi tendres que redoutablement assassines. Surtout, sa connaissance de l'univers du spectacle lui permet de nous conter une multitude d'anecdotes sur des comédiens dont parfois il fut proche. Un très joli portrait de Jean Marais se trouve dans l'édition 2008, un autre est consacré à Jean Gabin dans le crû 2009. Le dernier volume paru nous offre, entre autres, une très belle évocation du cinéma Gaumont Palace dont il connaissait à peu près chaque fauteuil.
On y découvrira aussi quelques hommages rendus à des personnes disparues qui furent ses amis. Pour certains, il comble ainsi un vide que la grande presse a (volontairement ?) laissé se creuser : Remo Forlani est ainsi justement honoré, tout comme Dominique Zardi, personnalité aux multiples talents, qui ne fut pas seulement une "gueule" pour Mocky et Chabrol, ou "le type qu'on voit dans tous les fils des années 70/80 mais qu'on sait jamais comment y s'appelle".

On s'amuse et on apprend quantité de choses. Si j'ajoute que la plume est celle d'un grand styliste, et qu'on y cherchera en vain le moindre barbarisme ou la plus petite concession au pauvre langage polluant nos media, il sera entendu que je conseille fortement la lecture de ces pages.

 

 

 

© Franz Muzzano - Janvier 2011. Toute reproduction interdite sans autorisation de l'auteur. Tous droits réservés.

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Published by muzzano - dans Au fil des pages
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Présentation

  • : Les Chroniques de Franz Muzzano
  • : Écrivain, musicien et diplômé d'Histoire de la Musique, j'ai la chance, depuis plus de 40 ans, de fréquenter les salles de concerts et les maisons d'opéras, et souvent aussi leurs coulisses. J'ai pu y rencontrer quantité d'artistes, des plus grands aux plus méconnus. Tous m'ont appris une chose : une passion n'a de valeur que si elle se partage. Partage que je vais tenter de vous transmettre à travers ces chroniques qui relateront les productions que j'ai pu voir ou entendre (l'art lyrique y tenant une grande place). Mais aussi les disques qui ont contribué à me former, tout comme les nouveautés qui me paraîtront marquantes (en bien ou en mal). J'évoquerai aussi certaines grandes figures du passé, que notre époque polluée par les "modes" a parfois totalement oubliées. Je vous proposerai aussi des réflexions sur des aspects plus généraux de la vie musicale. Tout cela dans un grand souci d'impartialité, mais en assumant une subjectivité revendiquée. Certaines chroniques pourront donc donner lieu à des échanges, des débats contradictoires, voire des affrontements qui pourront être virulents. Tant que nous resterons dans la courtoisie, les commentaires sont là pour ça. Et vous êtes les bienvenus pour y trouver matière à vous exprimer. En n'oubliant jamais que la musique n'est rien sans les artistes qui la font vivre et qui nous l'offrent. Car je fais mienne la phrase de Paul Valéry : "Aujourd'hui, nous n'avons plus besoin d'artistes. Mais nous avons besoin de gens qui ont besoin d'artistes".
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