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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 15:59

Il avait le privilège d'être avec Voltaire l'un des deux seuls écrivains cités par Jacques Brel dans une de ses chansons, ce qui devait bien le faire sourire. Pour nos "grands" media décérébrés, rendre hommage à Jean Dutourd s'est limité, en ce 18 janvier, à parler Académie et Grosses Têtes. Ils auront oublié très vite ce fichu réactionnaire (ô le vilain mot...et pourtant si juste : celui qui réagit) et guetteront la prochaine cible en habit vert ou bouvardesque de la camarde.
Ainsi, Dutourd est parti rejoindre ses copains ronchons en des lieux où l'on peut fumer sa pipe et vider son verre sans risquer l'anathème. Il faut bien admettre que pour lui, côtoyer Quai Conti une Simone Veil ou un Giscard n'avait rien de folichon. Rien "d'épatant", selon son expression favorite. D'autant qu'il était plutôt un survivant depuis le départ de sa tendre Camille, épousée en 1942 et qui l'accompagna plus de soixante années. Alors bon, suivons la trace de la chère Jacqueline de Romilly, et allons voir là-haut si les cuistres n'y sont pas.
Il fut un temps critique de cinéma, et garda toujours un oeil gourmand sur ce qu'offrait le septième art. Ainsi, en mars 2009, il avait apporté sa contribution au Libre Journal du Cinéma sur Radio Courtoisie en donnant, comme plus de cent personnalités venues de tous horizons, une liste de ses films préférés. Je vous la reproduis :
Deux Lubitsch : If i had a million et Ninotchka.
Deux Guitry : Faisons un rêve et Mon père avait raison.
Clouzot : Quai des orfèvres.
Korda/Pagnol : Marius.
Fellini : Lo sceicco bianco.
Hitchcock : The lady vanishes.
Visconti : Il gattopardo.
Scola : Una giornata particulare.
Allen : Broadway Danny Rose.
Et...Le Père Noël est une ordure.

Joli mélange de sourire et de hauteur de vue, de légèreté et de profondeur, et pirouette finale bien à l'image du "vieux Jeannot".

Le lire ou le relire nous fait du bien aux yeux, alors allons donc flâner du côté de Pluche ou l'amour de l'art ou du Feld Maréchal von Bonaparte. Et surtout sans la moindre once de modération.

© Franz Muzzano - Janvier 2011. Toute reproduction interdite sans autorisation de l'auteur. Tous droits réservés.

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Published by muzzano - dans Au fil des pages
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Présentation

  • : Les Chroniques de Franz Muzzano
  • : Écrivain, musicien et diplômé d'Histoire de la Musique, j'ai la chance, depuis plus de 40 ans, de fréquenter les salles de concerts et les maisons d'opéras, et souvent aussi leurs coulisses. J'ai pu y rencontrer quantité d'artistes, des plus grands aux plus méconnus. Tous m'ont appris une chose : une passion n'a de valeur que si elle se partage. Partage que je vais tenter de vous transmettre à travers ces chroniques qui relateront les productions que j'ai pu voir ou entendre (l'art lyrique y tenant une grande place). Mais aussi les disques qui ont contribué à me former, tout comme les nouveautés qui me paraîtront marquantes (en bien ou en mal). J'évoquerai aussi certaines grandes figures du passé, que notre époque polluée par les "modes" a parfois totalement oubliées. Je vous proposerai aussi des réflexions sur des aspects plus généraux de la vie musicale. Tout cela dans un grand souci d'impartialité, mais en assumant une subjectivité revendiquée. Certaines chroniques pourront donc donner lieu à des échanges, des débats contradictoires, voire des affrontements qui pourront être virulents. Tant que nous resterons dans la courtoisie, les commentaires sont là pour ça. Et vous êtes les bienvenus pour y trouver matière à vous exprimer. En n'oubliant jamais que la musique n'est rien sans les artistes qui la font vivre et qui nous l'offrent. Car je fais mienne la phrase de Paul Valéry : "Aujourd'hui, nous n'avons plus besoin d'artistes. Mais nous avons besoin de gens qui ont besoin d'artistes".
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