Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 21:53
David Bowie (8 janvier 1947 - 10 janvier 2016).

Que mes lecteurs ne tombent pas de leur siège, ils ne se sont pas trompés de blog. Oui, je veux en quelques lignes saluer la mémoire d'un des plus grands créateurs de ces cinquante dernières années. Je quitte un moment l'opéra, les salles silencieuses, mais je reste, et ô combien, dans ma passion pour la musique.

Les grands media insistent sur les nombreux "visages" de Bowie, comme s'il y en avait eu plusieurs, comme si Bowie avait suivi les modes. Mais non, il n'y eut qu'un seul David Robert Jones, artiste complet et multiforme, qui créa non pas des modes (par essence ephémères), et encore moins leur emboîta le pas, mais qui fut toute sa vie un véritable créateur. En ce sens que toute son oeuvre montre et prouve qu'il se mit en danger, qu'il prit des risques. Calculés, certes, mais pas toujours, et beaucoup moins que l'on ne peut le croire dans ses premières années. Réécoutons Space Oddity, sorti en 1969 et très influencé par Syd Barrett, déjà paria du Floyd. La simplicité même, trois accords et une modulation. Mais, surtout, un climat déjà apocalyptique. Avant Ziggy Stardust, il osa le fabuleux Hunky Dory, avec ses références à Dylan et un titre qui fit beaucoup plus pour Andy Warhol que Warhol ne fit pour lui. Et, évidemment, un Life on Mars ? le plaçant dans la galaxie des plus grands mélodistes du siècle passé. Puis vint Ziggy, et la notion de "concept" poussée jusqu'au sublime, mille fois imitée mais jamais approchée. Personnage qu'il tua, en scène, le 3 juillet 1973. Pour passer à d'autres univers, visuels certes, mais toujours musicalement travaillés er retravaillés. Le funk commence à faire parler de lui ? Il enregistre Young Americans, modèle insurpassé, où il se permet même de faire sortir Lennon de sa léthargie pour Fame. Et ce qu'on a appelé la "période berlinoise", marquée par les sorties de Low, Heroes et The Lodger (en réalité, musicalement parlant, entamée dès Station to Station), était alors une foudroyante vision de ce qu'allait devenir un mouvement musical qui lui doit tout.

Il aura beaucoup exploré, jusque dans son dernier disque sorti il y a quelques jours, sonnant comme un testament. Il aura surtout travaillé, inlassablement, en studio dès le matin quand ses potes n'y entraient qu'à la  nuit tombée. Il aura "sauvé" Lou Reed d'une mort programmée en produisant Transformer, ce que certains cuistres lui ont reproché. Trop commercial, Transformer, trop midinette, Perfect Day ou Satellite of Love. Par rapport au Velvet, c'est indéniable, mais pour qui sait écouter, il y avait entre les notes ce que Bowie avait comme "déterré" chez Lou Reed. Et sans Transformer, pas de Berlin, chef-d'oeuvre absolu. Oui, il aura beaucoup exploré, beaucoup inventé, Et, surtout, beaucoup offert. On a, il y a quelques années, célébré un artiste aux indéniables qualités, mais qui n'avait en fait inventé que quelques pas de danse. Pour le reste, à commencer par les arrangements ciselés, Quincy Jones était aux manettes. Bowie, lui, aura tout créé seul, en sachant s'entourer des meilleurs.  Mélodies, harmonies, arrangements, visuels, il maîtrisait tout. Peut-être faudra-t-il un peu de temps pour aller au-delà des hommages, et se rendre compte de la vraie place qui fut la sienne. Tout en haut...

 

 

 

Simplement fabuleux...

We could be heroes, just for one day...Toi, tu l'as été, et pour plus d'un jour. À nous d'essayer.

So long, David...

 

© Franz Muzzano - Janvier 2016. Toute reproduction interdite sans autorisation de l'auteur. Tous droits réservés.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Franz Muzzano - dans L'hommage de Franz
commenter cet article

commentaires

mpr 12/01/2016 18:15

oui j'ai lu .;;je lis toujours même si je suis a côté de la plaque !!!

Présentation

  • : Les Chroniques de Franz Muzzano
  • : Écrivain, musicien et diplômé d'Histoire de la Musique, j'ai la chance, depuis plus de 40 ans, de fréquenter les salles de concerts et les maisons d'opéras, et souvent aussi leurs coulisses. J'ai pu y rencontrer quantité d'artistes, des plus grands aux plus méconnus. Tous m'ont appris une chose : une passion n'a de valeur que si elle se partage. Partage que je vais tenter de vous transmettre à travers ces chroniques qui relateront les productions que j'ai pu voir ou entendre (l'art lyrique y tenant une grande place). Mais aussi les disques qui ont contribué à me former, tout comme les nouveautés qui me paraîtront marquantes (en bien ou en mal). J'évoquerai aussi certaines grandes figures du passé, que notre époque polluée par les "modes" a parfois totalement oubliées. Je vous proposerai aussi des réflexions sur des aspects plus généraux de la vie musicale. Tout cela dans un grand souci d'impartialité, mais en assumant une subjectivité revendiquée. Certaines chroniques pourront donc donner lieu à des échanges, des débats contradictoires, voire des affrontements qui pourront être virulents. Tant que nous resterons dans la courtoisie, les commentaires sont là pour ça. Et vous êtes les bienvenus pour y trouver matière à vous exprimer. En n'oubliant jamais que la musique n'est rien sans les artistes qui la font vivre et qui nous l'offrent. Car je fais mienne la phrase de Paul Valéry : "Aujourd'hui, nous n'avons plus besoin d'artistes. Mais nous avons besoin de gens qui ont besoin d'artistes".
  • Contact

Recherche