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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 21:43
L'Elisir d'Amore à Bastille - Dans l'évidence du partage.

Aleksandra Kurzak.

 

Au milieu des polémiques quelque peu stériles sur la prétendue "authenticité" d'une oeuvre inachevée, la présence d'un taureau vivant sur une scène d'opéra ou, plus important car détourné de son sens, le problème de la "liberté d'expression" (j'y reviendrai), il est bon de revenir aux fondamentaux. Pourquoi l'art lyrique est-il un art vivant, et pourquoi doit-il le rester, même avec des oeuvres avoisinant les deux siècles d'existence ? La question pourrait sembler saugrenue tant le public se presse à chaque production, mais n'est-ce pas un peu toujours le même ? Abonnés souvent, mécènes pour quelques-uns, passionnés pour beaucoup, la foule des grands soirs est souvent en pays de connaissance dans les travées de Bastille ou d'ailleurs. Oui mais pour que cet art puisse vivre, pour que le néophyte ressente l'envie de passer la porte des temples en ne se disant pas "cela n'est pas pour moi", il faut lui offrir de temps en temps, entre deux propositions réservées aux initiés ou nécessitant un mode d'emploi, des soirées où tout semble évidence, tout paraît "facile", tout lui est offert. Des soirées de pure jubilation dans lesquelles il ressent le désir de l'offrande et mieux, le désir du partage. L'Elisir d'Amore est, parmi quelques autres, l'ouvrage idéal pour cela. Encore faut-il que la production proposée soit à la hauteur de l'ouvrage. Il fut un temps pas si lointain où le service dit public aurait programmé un "prime", qui aurait peut-être amené quelques milliers de téléspectateurs à se dire "c'est aussi pour moi", et à se rendre dans les théâtres. Ce n'est plus le cas, tant pis...Cet Elisir est pourtant à la fois cure de jouvence et grand cru classé.

La mise en scène de Laurent Pelly ne date pas d'aujourd'hui mais quelle importance ? Elle est maintenant bien connue, et a le double mérite d'être à la fois parfaitement réglée et suffisamment ouverte pour permettre aux artistes de proposer leur propre interprétation. On pouvait craindre que le plateau de Bastille ne soit trop vaste et noie quelque peu l'action mais il n'en est rien. Au contraire, chacun peut évoluer comme il le souhaite, faire vivre son personnage et habiter l'espace. Un espace/paysage à la fois grouillant de vie et sorti de nulle part comme on en voit partout quand on sait regarder, mais qui évoque tout autant l'univers du cinéma italien et le petit monde de Tati. Des silhouettes venues d'Amarcord peuplent un décor minimaliste inspiré du Visconti d'Ossessione ou de l'Antonioni d'Il Grido, avec ces instants de vie quotidienne sans rapport avec l'action mais qui ramènent au quotidien, tels ces cyclistes ou ce chien traversant la scène, tout droit sorti de Mon Oncle. Et puis ce personnage inerte, cette pyramide de bottes de foin, couche pour Adina, cachette pour Nemorino, gradins pour les villageois qui regardent le spectacle. C'est peut-être ce sentiment de "proximité" qui fait la grande force du travail de Pelly, et qui est ici parfaitement mise en valeur par les interprètes. L'Elisir n'est pas une histoire citadine, elle est "rurale" en ce sens que tout le monde se connaît, le secret n'existe pas. Certains ont regretté le manque de distance entre Adina et Nemorino, dû à leur différence de classe sociale. Mais c'est oublier qu'ils ont grandi ensemble, dans cette même campagne, et qu'ils sont restés enfants dans l'âme, tout simplement parce que les rapports de classes s'amenuisent quand on n'a que prairies, clairières et bottes de foin pour terrain de jeu. Certes elle est cultivée, lui est peut-être analphabète, mais ils partagent le même soleil. Oui, elle lit la légende de Tristan quand lui s'en moque comme de son premier lance-pierres, mais leur complicité ne peut qu'être évidente, j'oserai dire consanguine. Car liée à la terre. D'où la légitimité de Dulcamara, dont l'Élixir pulvérise la symbolique du philtre, et la résignation rapide de Belcore, qui sait très bien qu'il en "trouvera une autre". Nous ne sommes évidemment pas dans le drame, mais pas non plus dans la farce. Nous sommes dans la vie-même, dans ce qu'elle a de plus simple.

L'Elisir d'Amore à Bastille - Dans l'évidence du partage.

Roberto Alagna, Ambrogio Maestri.

 

La vie, oui, et ce qu'elle implique de partage pour tout véritable artiste. C'est ainsi que la répétition générale du 30 octobre fut vécue comme une véritable "première". Je me faisais cette réflexion après y avoir assisté, et le lendemain j'entendais Roberto Alagna en interview dire très exactement la même chose. Chacun y a tout donné, et la "première officielle" du 2 novembre ne fit que confirmer ce sentiment (incident heureusement bénin de la chute de Donato Renzetti lors des saluts mis à part...). Est-ce pour cette raison que, sauf erreur de ma part, je n'ai pas entendu la célèbre annonce précisant que "comme cette soirée n'est pas une représentation mais une ultime séance de travail, les artistes ne sont pas tenus de chanter à pleine voix" ? Oubli sans grande importance ou omission volontaire demandée par l'équipe ? Toujours est-il qu'à aucun moment le sentiment de vivre une générale ne m'habita. La fièvre, l'urgence, le désir de communier (sans cabotinage aucun) avec le public étaient bien présents. Et chez tous.

À commencer par le choeur, rarement entendu aussi précis musicalement, et encore plus rarement vu aussi présent scéniquement. Véritable personnage, "choeur" au sens théâtre antique du terme, il réussit la performance de faire valoir les individualités au milieu d'une parfaite unité sonore. Chacun a son rôle, chacun prend un plaisir évident à commenter, à vivre l'action, tout en offrant un rendu de la partition millimétré. J'avais émis quelques réserves l'an passé à l'occasion de Faust, tout en précisant que les références de José Luis Basso ne tarderaient pas à les effacer. C'est chose faite, et de quelle manière !

À vingt-cinq ans, Mélissa Petit fait ses débuts à l'Opéra de Paris, et le moins que l'on puisse dire est qu'elle prend le rôle de Giannetta à bras le corps. Rôle souvent quelque peu sacrifié, mais qui prend ici une consistance (et une importance dans "l'action annexe") rarement entendues. Et la voix est belle, bien projetée et joliment timbrée. De toute évidence, une artiste à suivre de près.

S'il fallait poser sur ces soirées quasiment parfaites un tout petit bémol, il concernerait le Belcore de Mario Cassi. Non que la voix soit quelconque, bien au contraire. Elle est superbement timbrée, et se joue sans peine de l'agilité que les vocalises de Donizetti lui imposent. Simplement, pour un baryton qui fait aussi ses débuts "in loco", j'aimerais l'entendre ailleurs, dans un théâtre plus "confortable", à l'italienne, car Bastille semble vraiment trop immense pour lui. La mise en scène de Pelly propose souvent un grand vide entre cette botte de foin (qui absorbe le son) et la trattoria. Pas de mur, pas de fond de scène, pas de possibilité de voir sa voix répercutée. D'où la nécessité d'une projection naturelle, franche et non forcée. À l'évidence Mario Cassi ne la possède pas encore, mais il chante avec sa voix...même si cela nécessite de tendre l'oreille.

Problème qui ne concerne évidemment pas Ambrogio Maestri. Là, nous atteignons le gigantesque, le grandiose, le foudroyant et pas seulement parce qu'il n'a qu'à paraître pour incarner Dulcamara. Certes, le double mètre est dépassé et le quintal est un doux souvenir, mais un corps gargantuesque n'implique pas une voix du même...tonneau. Et pourtant, dans une apparente facilité, le Dottore s'impose, prodigieux d'aisance, dégustant avec délice toutes les subtilités de son texte, avec un sens du mot justement posé simplement hallucinant. Et, toujours, un souci de "chanter" un rôle qui n'est trop souvent que "déclamé". Habitué du personnage, comme il l'est de Falstaff, il est simplement dommage que ne lui soient pas plus souvent confiés des incarnations d'autres barytons où il excellerait, comme il le fit l'an passé en Scarpia à Barcelone.

 

Che vuol dire codesta sonata...Udite, udite, o rustici ! Ambrogio Maestri et choeurs -

Bastille, 2 novembre 2015.

 

Beaucoup viennent écouter L'Elisir pour le ténor en général, et la Furtiva lagrima en particulier. Ainsi, les plus très jeunes se souviennent de la précédente production signée Otto Schenk à Garnier en 1987, non pas pour l'Adina de Daniela Mazzucato ni le Belcore de Bernd Weikl (là, l'oubli est préférable...), à peine pour le Dulcamara pourtant encore très vert de Bacquier. Non, tout le monde était venu pour Pavarotti, et n'a gardé que lui en mémoire. Roberto Alagna était attendu, voire guetté au coin du bois. Après une saison 2014/2015 marquée par une reprise du Cid, une prise de rôle en Lancelot et diverses annonces d'ouvrages considérés comme "lourds", Nemorino était vu par certains comme "ne pouvant plus être dans ses cordes". D'autant que cinq jours avant la générale, il triomphait à Berlin en Vasco de Gama. C'était méconnaître à la fois l'artiste et, plus simplement, le rôle. Nemorino n'est pas un rôle di grazia, il nécessite une voix qui certes doit être parfois élégiaque (mais jamais éthérée), mais qui doit toujours s'imposer soit dans des duos ou des ensembles, soit dans des récitatifs percutants. En d'autres termes, une voix d'une grande flexibilité dotée d'une grande réserve. Car le rôle est épuisant, de par sa longueur assez inhabituelle et la variété des sentiments demandés. Il est passionnant de comparer les deux soirées de Vasco de Gama données les 18 et 25 octobre derniers. Entre les deux, Alagna avait commencé les répétitions de L'Elisir. Et à l'évidence, la "place" de la voix utilisée pour Nemorino a influencé son ultime Vasco. Déjà, dans toutes les représentations qui avaient précédé, il avait cherché à chanter "léger", utilisant à merveille ses résonateurs faciaux pour faire "sonner" la ligne très haute de Vasco en privilégiant la nuance piano (ce qui rendait ses forte encore plus impressionnants) dans un chant parfaitement projeté. Très exactement comme il l'avait fait dans Rodrigue (la comparaison entre Ô (doux) paradis et Ô Souverain...est à cet égard passionnante). Et il n'y a pas de différence d'intention entre son Vasco et son Nemorino, il n'y a qu'une différence de dégré imposée par l'orchestration. Si Alagna peut chanter à la suite des rôles aussi dissemblables, la raison en est très simple : il recherche perpétuellement la clarté de l'émission, ne cherche pas (plus ?) à sombrer. Bien évidemment, il n'a pas la même couleur vocale à 52 ans qu'à 30. Son Nemorino est aujourd'hui plus corsé, et de fait peut-être encore mieux adapté au personnage tel qu'il le présente maintenant. Un Nemorino "mâle", jeune adulte bien plus qu'adolescent, probable analphabète mais pas du tout simplet. À mille lieues des Nemorino aseptisés que l'on entend parfois, voire souvent. Et cette aisance due à la parfaite connaissance de sa voix lui permet de tenir sur la longueur ce rôle éprouvant (après Vasco...) sans que la moindre fatigue ne se fasse sentir (je ne dis pas qu'elle n'est pas là, je dis qu'elle est parfaitement gérée). On aurait pu penser que les vocalises seraient aujourd'hui plus difficiles, vu ses rôles précédents. Il n'en est rien, l'agilité est restée la même. Quant aux aigus (non écrits par Donizetti, et que certains pourtant lui reprochaient de parfois ne pas faire !), ils sont là et bien là, avec un magistral contre-ut, entre autres. Tout cela en s'amusant, et en transmettant cette joie de jouer et de chanter à toute la salle. J'ai déjà pu dire à quel point il excellait à montrer les dilemmes, les contradictions, les doutes dans ses incarnations dramatiques (Rodrigue, Manrico, Werther et maintenant Vasco). À chaque fois il fallait l'observer avec précision, guetter le moindre regard, interpréter le plus petit geste. Nemorino ne lui demande pas cela. Il aime Adina, depuis toujours et, comme charnellement, viscéralement, il sait qu'elle l'aime. Habité aussi d'une pointe de noblesse (celle du coeur, la seule qui compte...), ce Nemorino-là ne doute pas, même à la fin du I, vécue comme un simple accident de parcours. Et comme Belcore ne se fait pas plus pressant que ça, il sait presque de façon "animale", instinctive, qu'il ne perdra pas celle qu'il aime. Alors il chante, boit et reboit sans avoir le vin triste, danse, virevolte, parcourt la scène en tous sens, tel un Donald O'Connor qui se serait fait la tête d'un Harpo Marx ayant retrouvé sa voix.

 

Caro elisir ! Sei mio !...Chi è mai quel matto ?...Bravissimo !

Roberto Alagna, Aleksandra Kurzak - Bastille, 2 novembre 2015.

 

Et bien entendu, tous attendaient la célébrissime Lagrima, car faire le clown, même en chantant bien est une chose, magnifier la pure ligne belcantiste d'un des airs les plus exigeants du répertoire, avec son attaque piano sur un fa (zone périlleuse "d'entre deux" pour un ténor) en est une autre. Roberto Alagna a pour l'instant choisi d'offrir la version "classique" de l'aria, et non la version parisienne qu'il avait ressuscitée (je dis pour l'instant car avec lui, une surprise lors des représentations à venir n'est pas à exclure). Mais il en donne une interprétation en tous points exceptionnelle, qui justifie ce moment de suspension dans une oeuvre où tout s'agite sans le moindre temps mort. Il est d'ailleurs intéressant de remarquer que ce passage est pratiquement le seul proposant un phrasé mélodique régulier, Donizetti usant beaucoup pour tout le reste de rythmes pointés propices à la perpétuelle relance de l'action. Le temps s'arrête donc et, comme pour lui-même, Nemorino chante cette certitude de l'Amour partagé, comme apaisé. Un tel constat ne peut se faire de façon ostentatoire et Alagna offre cette aria comme la vraie Romanza qu'elle est, avec ce qu'elle suppose de legato, de cantabile et un nuancier qui, peu à peu, développe le pianissimo initial pour y mieux revenir. Et avec un travail sur la ligne et le souffle qui nous offre un si m'ama, lo vedo, lo vedo !...sans coupure, ornementé et decrescendo simplement sublime (que le chef a un peu de mal à comprendre, mais il faudra bien qu'il s'y fasse !).

Una furtiva lagrima - Roberto Alagna - Bastille, 2 novembre 2015.

 

Et Paris découvrait enfin Aleksandra Kurzak. Enfin, pas tout à fait. Elle avait été une somptueuse Maria Stuarda en juin dernier au Théâtre des Champs-Élysées, dans une production où le combat des reines était trop inégal tant elle pulvérisait, par sa musicalité, une Carmen Giannattasio impressionnante mais bien trop monolithique. Et où l'évolution de Francesco Demuro, après un Alfredo Germont joliment timbré mais ne passant pas les premiers rangs de Bastille, offrant un Leicester cette fois criard et dépourvu de couleurs, m'avait fait perdre les derniers espoirs que je pouvais porter en lui. Il fallait à cette cantatrice un cadre et un entourage à son niveau pour qu'enfin certains parisiens arbitres des élégances arrêtent de ne parler d'elle que comme de "la nouvelle Madame Alagna". Comme s'ils avaient oublié que sa carrière avait commencé bien avant leur rencontre, et pas dans n'importe quels théâtres : Met, Covent Garden, Scala...Spécialisée jusqu'il y a peu dans les rôles dévolus aux voix agiles et légères, son interprétation de Maria Stuarda avait montré qu'elle avait acquis une largeur dans le médium qui laisse présager une évolution vers des héroïnes plus lyriques et un répertoire plus vaste.

Habituée à travailler avec Laurent Pelly (c'est dans cette production qu'elle avait rencontré Alagna à Londres en 2012, et elle fut il y a tout juste un an une fantastique Marie de La fille du régiment à Madrid. On avait pu y voir tous ses talents de comédienne qui pense d'abord à chanter, et non pas à cabotiner au milieu d'airs sacrifiés, comme ce fut le cas dans cette même mise en scène avec une certaine...), elle est simplement rayonnante, dégageant une énergie communicative qui suffirait à éclairer et chauffer Bastille durant tout l'hiver qui s'annonce. Sorte de petite bombe de vitalité (la voir aux côtés de "l'hénaurme" Ambrogio Maestri apporte un supplément comique involontaire dont ils jouent avec un plaisir évident), elle impose une présence de tous les instants, même quand elle ne "fait" rien. Le tout avec un naturel dans le jeu qui répond parfaitement à celui d'Alagna. Et la voix ? Eh bien c'est Adina, voilà tout. Elle en a le timbre de fruit juteux, la ligne de chant qui se souvient du bel canto, la projection bien assurée même si la voix n'est pas gigantesque (elle le sait très bien, et ne force jamais, mais elle "passe" sans problème aucun), les aigus faciles et surtout le style fait d'alternance entre humour piquant et toujours à-propos et demi-teintes proches du sfumato portées par un parfait legato. À l'image d'un Prendi per me sei libero simplement jubilatoire.

Eccola....Prendi ;  per me sei libero...Ebben, tenete.

Roberto Alagna, Aleksandra Kursak - Bastille, 2 novembre 2015.

 

Donato Renzetti, à quelques détails près, mène cette danse, ce melodramma giocoso (car souvent on sent que le drame n'est pas loin, mais toujours compensé par un carpe diem permanent) d'une main ferme, précise et alerte. Il sait parfaitement comment ne pas exagérer le rythme pointé qui habille l'ensemble de la partition, en ce sens que rien n'est "sur-pointé", tout est dirigé pour que "ça avance", et il trouve un bon équilibre entre fosse et plateau, malgré un orchestre pas toujours à son meilleur (un accord plus "juste" entre les différents pupitres avant l'ouverture, ou un basson plus réveillé avant la Romanza n'auraient pas été du luxe lors de la générale...). Au fil des représentations, des ajustements se feront pour qu'il soit un tout petit peu plus à l'écoute de ce que les artistes proposent, et parfois inventent. Mais il est un vrai chef "lyrique", je n'ai aucune inquiétude.

 

Alors oublions le taureau vivant qui fait polémique et qui, aux dernières nouvelles, va très bien et est très heureux. Ne parlons pas des factures de téléphone d'un représentant syndical en vacances sans connaître l'ensemble du dossier, ou des comptes de la Grande Boutique qui seraient dans le rouge (quelle surprise...). Goûtons plutôt un moment de pur bonheur, qui confirme le retour au premier plan d'un chanteur d'exception qui mène, aujourd'hui, sa carrière avec une rare intelligence. Et consacre enfin une cantatrice promise au plus bel avenir dans des rôles qui pourraient bien, et ce assez vite, en surprendre beaucoup. N'oublions jamais qu'elle est d'abord pianiste et violoniste de formation, et a abordé le chant en musicienne parfaitement formée. Et si l'on regarde certains de ses rôles passés ou encore programmés (Gilda, Susanna, Rosina...), que l'on constate l'apport d'une fondamentale dans le grave qu'elle n'avait pas il y a encore deux ans, que l'on connaît son professionnalisme et sa capacité de travail, on ne peut que deviner une évolution qui rappelle fortement celle qui caractérise l'une de ses consoeurs, et pas n'importe laquelle...Mais je n'aime pas les comparaisons !

 

Merci à la créatrice de la chaîne Voxymore Channel pour m'avoir autorisé à utiliser ses vidéos, réalisées avec l'accord des artistes.

 

 

© Franz Muzzano - Novembre 2015. Toute reproduction interdite sans autorisation de l'auteur. Tous droits réservés.

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Published by Franz Muzzano - dans Opéra : L'oreille de Franz
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commentaires

Ciabrini 07/11/2015 09:07

Article "géant", avec sa qualité habituelle. Rien a ajouter, rien a dire sinon un double bémol pour le baryton dont j'ai déjà oublié le nom. Bravooooooooooooooooo et a Bientôt

Présentation

  • : Les Chroniques de Franz Muzzano
  • : Écrivain, musicien et diplômé d'Histoire de la Musique, j'ai la chance, depuis plus de 40 ans, de fréquenter les salles de concerts et les maisons d'opéras, et souvent aussi leurs coulisses. J'ai pu y rencontrer quantité d'artistes, des plus grands aux plus méconnus. Tous m'ont appris une chose : une passion n'a de valeur que si elle se partage. Partage que je vais tenter de vous transmettre à travers ces chroniques qui relateront les productions que j'ai pu voir ou entendre (l'art lyrique y tenant une grande place). Mais aussi les disques qui ont contribué à me former, tout comme les nouveautés qui me paraîtront marquantes (en bien ou en mal). J'évoquerai aussi certaines grandes figures du passé, que notre époque polluée par les "modes" a parfois totalement oubliées. Je vous proposerai aussi des réflexions sur des aspects plus généraux de la vie musicale. Tout cela dans un grand souci d'impartialité, mais en assumant une subjectivité revendiquée. Certaines chroniques pourront donc donner lieu à des échanges, des débats contradictoires, voire des affrontements qui pourront être virulents. Tant que nous resterons dans la courtoisie, les commentaires sont là pour ça. Et vous êtes les bienvenus pour y trouver matière à vous exprimer. En n'oubliant jamais que la musique n'est rien sans les artistes qui la font vivre et qui nous l'offrent. Car je fais mienne la phrase de Paul Valéry : "Aujourd'hui, nous n'avons plus besoin d'artistes. Mais nous avons besoin de gens qui ont besoin d'artistes".
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