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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 20:27
Ivo Vinco (8 novembre 1927 - 8 juin 2014).

Sale printemps pour les grandes basses... Après Nicola Ghiuselev il y a un mois, Ivo Vinco s'en est allé rejoindre la galerie des ombres. Il était de cette race de chanteurs que l'on remarque peu, simplement parce qu'il sont toujours associés à des productions où ils côtoient des géants. Pour lui, ils s'appelèrent Callas, Corelli, Kraus, Freni, Bastianini, Bergonzi, Freni, Scotto, Siepi, Caballè, Gencer...et bien entendu Cossotto, la Signora Vinco à la ville.

Jusqu'à ce que l'on écoute d'un peu plus près un Rigoletto de 1960 en oubliant le Duc de Kraus, la Gilda de Scotto, le bouffon de Bastianini, pour se rendre compte de la qualité du chant de Sparafucile.

 

Il était né le 8 novembre 1927 dans la petite ville de Bosco Chiesanuova, près de Verone, où il fit ses études à l'école de musique, avant de rejoindre l'académie de la Scala de Milan. Il y travailla avec Ettore Campogalliani, personnalité dont le nom est oublié mais qui forma tout de même des "petits" chanteurs comme Tebaldi, Bergonzi ou Pavarotti, entre autres. Il débuta à Verone en 1954 dans le rôle de Ramfis d'Aida.

 

Tous les plus grands théâtres, italiens d'abord, puis du monde entier, s'ouvrirent alors à lui. Son répertoire comprenait tous les rôles de basses importants du répertoire italien, de Basilio à Colline. Mais sa notoriété ne put atteindre celle des partenaires qu'il côtoya, peut-être parce qu'il dut rester dans l'ombre de Cesare Siepi et, dans une moindre mesure, de Nicola Rossi-Lemeni.

 

Reste un timbre superbe, naturellement sombre mais jamais forcé, un cantabile puisé dans la plus pure tradition, et une voix d'une longueur permettant un aigu facile et plein ainsi qu'un grave sonore, jamais écrasé.

 

Il était l'oncle de Marco Vinco, basse lui aussi,  qu'il contribua à former.

 

 

Magistral en Fiesco, tout en simplicité :

 

Superbe Inquisiteur, dans un duel de géants face au Filippo de Siepi à Vienne en 1968 :

(On notera la phrase d'introduction, chantée par le débutant Heinz Zednik, futur Loge et Mime dans le Ring de Chéreau.)

Et enfin, avec madame, dans Anna Bolena en 1970 :

© Franz Muzzano - Juin 2014. Toute reproduction interdite sans autorisation de l'auteur. Tous droits réservés.

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Published by Franz Muzzano - dans L'hommage de Franz
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commentaires

MPR 12/06/2014 09:54

c'est là que je vois ma pauvre érudition en matière musicale !!! merci encore pour ton instruction!!!

Franz Muzzano 12/06/2014 11:24

Merci ma grande, mais je suis certain que tu l'as déjà entendu dans tel ou tel enregistrement !

ITALOPERA 12/06/2014 07:45

Bonjour,
Magnifique article, très bien documenté et illustré, avec la simplicité qui s'impose quand il s'agit d'un grand artiste, et que l'on est comme vous un fin connaisseur !
J'apprécie grandement, par ailleurs, la richesse de vos connaissances et de votre culture en général.
Je vous en remercie et puis vous dire que tout ce qui précède vous honore, le désir d'entrer en relation amicale avec vous est patent !

Franz Muzzano 12/06/2014 11:26

Merci !!!!

ITALOPERA 12/06/2014 07:42

Bonjour,
Magnifique article, très bien documenté et illustré, avec la simplicité qui s'impose quand il s'agit d'un grand artiste, et que l'on est comme vous un fin connaisseur !
J'apprécie grandement, par ailleurs, la richesse de vos connaissances et de votre culture en général.
Je vous en remercie c

Présentation

  • : Les Chroniques de Franz Muzzano
  • : Écrivain, musicien et diplômé d'Histoire de la Musique, j'ai la chance, depuis plus de 40 ans, de fréquenter les salles de concerts et les maisons d'opéras, et souvent aussi leurs coulisses. J'ai pu y rencontrer quantité d'artistes, des plus grands aux plus méconnus. Tous m'ont appris une chose : une passion n'a de valeur que si elle se partage. Partage que je vais tenter de vous transmettre à travers ces chroniques qui relateront les productions que j'ai pu voir ou entendre (l'art lyrique y tenant une grande place). Mais aussi les disques qui ont contribué à me former, tout comme les nouveautés qui me paraîtront marquantes (en bien ou en mal). J'évoquerai aussi certaines grandes figures du passé, que notre époque polluée par les "modes" a parfois totalement oubliées. Je vous proposerai aussi des réflexions sur des aspects plus généraux de la vie musicale. Tout cela dans un grand souci d'impartialité, mais en assumant une subjectivité revendiquée. Certaines chroniques pourront donc donner lieu à des échanges, des débats contradictoires, voire des affrontements qui pourront être virulents. Tant que nous resterons dans la courtoisie, les commentaires sont là pour ça. Et vous êtes les bienvenus pour y trouver matière à vous exprimer. En n'oubliant jamais que la musique n'est rien sans les artistes qui la font vivre et qui nous l'offrent. Car je fais mienne la phrase de Paul Valéry : "Aujourd'hui, nous n'avons plus besoin d'artistes. Mais nous avons besoin de gens qui ont besoin d'artistes".
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